dimanche 21 septembre 2008

SHARE PAINTING

Peinture partage, peinture langage.
Dialogue, trilogue, quadrilogue, multilogue pictural, où seul se dit ce qui sort du "pinceau".

Principe

Outil: interface numérique "ubiquiste" (qui est présent partout à la fois, omniprésent).
Multiplier ainsi l’unité de jeu en préservant son unicité permet aux participants d’être une part atomique d’un ensemble qui les dépasse, de faire partie d’un corps créateur. (ça c’est la partie un peu raëlienne, mais c’est important.)

Chaque participant agit isolément des autres, sur une peinture virtuelle qui se modifie en temps réel à chacune leurs actions.

On est face à une entité picturale organique avec laquelle on peut interagir, La peinture nous répond. Le vocabulaire de ce dialogue est fait de formes et de couleurs, c’est littéralement un langage pictural, ou une peinture parlante.

Le dialogue

La réactivité de la toile est pour le peintre une expérience hors du commun, il n’est plus seul dans sa toile, il partage son espace. Ça change la temporalité de la peinture en y injectant tout ce qu’un dialogue peut avoir de vivace, Il confronte sa peinture, son lui, à ceux des autres au sein d’un même objet, et par ce moyen uniquement. Celle-ci n’a de sens que dans l’échange: peinture langage.
On écoute avec ses yeux, on parle avec ses mains, le déséquilibre induit par le retrait de la parole dans le dialogue pictural mène à des actes plus instantanés, plus essentiels.
Ça bouleverse notre équilibre d’homme et notre équilibre de peintre, c’est un stimuli original.


What’s new?

A few weeks months years decades centuries ago, quand des peintres
voulaient faire comme leurs confrères musiciens: jouer en groupe, faire partie d’un tout
supérieur à la somme de ses parties, ils pouvaient jouer au cadavre exquis, partager un parchemin, jouer à "chacun son tour" ou encore à "je peins sur tes mains". Dans la plupart des cas, il est difficile de faire abstraction de la présence de l’autre, on a assez naturellement recours à la parole. Ça devient un exercice d’accord de vues, sur le thème, la manière, tout ce qui va constituer une peinture, ça se joue moins sur terrain de l’action picturale que sur celui du débat d’idées.

on peut aussi imaginer des participants qui font semblant de s’ignorer,
mais ça impose une contrainte spatio-temporelle qui éloigne de la peinture.
C’est le support qui s’impose, il est physique, il est unique, il est local, il est un point de convergence forcé.

Bit support

Maintenant qu’on peut cloner une peinture en lui conservant la plupart de ses propriétés organiques telles que: croissance, homéostasie, métabolisme, adaptation, réponse au stimuli, organisation, ( il ne lui manque que la reproduction).
Tout cela est bien entendu virtuel, il y a la «peinture souche», qui tient en quelques lignes sur un disque dur, et autant de projections de cette peinture que l’on veut.
Ensuite c’est le réseau qui fait le reste, permettant de partager une peinture avec un voisin, un indien, une école...



Ubiquité du support


On multiplie une peinture, mais elle reste unique, ce sont des milliers de toiles qui sont contenues dans une seule puisque c’est le partage du support qui en fait un sport.
On ne va pas laisser reposer la dernière trouvaille au fond de l’atelier pendant qu’on attaque autre chose, c’est une peinture de substitution, chaque nouvel élément se place par rapport à un flux, par nature il efface, chaque nouveau pixel en remplace un autre.
C’est une peinture de destruction, pour reprendre l’analogie biologique, le métabolisme qui est une transformation moléculaire ininterrompue, dans les cellules ou dans l’organisme, met en jeu deux mécanismes complémentaires:
le catabolisme (ou dégradation) et l’anabolisme (ou synthèse).
Cette peinture procède de la même manière, chaque irruption est susceptible de changer
l’orientation générale du corps, et de retarder plus ou moins sa propre destruction.
On est face à un équilibre dynamique

Karmique

On observe des résurgences ou ré-émergences de formes qui avaient été recouvertes,
cet organisme évolue, il apprend, il mémorise et s’adapte, non seulement il y a une sorte de communion des âmes (je choisis ce mot volontairement, comme les autres), mais celle-ci crée une mémoire collective plastique qui se manifeste constamment.



pictulogue biquité ubic ubisme: pictural dialog, living paintings

2 commentaires:

AL a dit…

Eh bien je crois que nous tenons notre texte !

RaphaëL D. a dit…

manifestement on tient le bon bout.
merci martin.